Un sauveur nommé Bruno

Absent, et pourtant incontournable. Silencieux, mais au coeur des débats. A moins de quatre jours du « classique » face aux Noës, Bruno n’a jamais autant fait parler de lui. Lui seul semble désormais être en mesure de sauver une rencontre dont il serait devenu, plus que le onzième homme, la condition sine qua non.

L’ASLO, qui subit une véritable saignée dans son effectif, pourrait bien se résoudre à déclarer forfait pour ce match pourtant incontournable. Plusieurs de ses cadres, et non des moindres (Adrien, Alexis, Baptiste, Etienne) seront à Lyon pour un séjour que l’on annonce arrosé. D’autres restent désespérément blessés. Dans l’urgence, les bouquetins tentent de rallier ceux qui restent potentiellement mobilisables, les vieux soldats, les mercenaires, les réservistes. L’appel lancé à Quentin, vieille gloire du club, est resté sans suite. L’invitation offerte à Victor demeure, elle, sans réponse.

Parmi ces toutes dernières cartouches, Bruno reste l’option la plus probable. Officiellement, Bruno n’a jamais quitté l’équipe. Officiellement, Bruno n’a pas annoncé son absence.

Pourtant, beaucoup s’interrogent, tant le joueur a multiplié les silences au cours des dernières semaines. Des rumeurs ou des informations circulent sur Internet ; la semaine dernière, on le prétendait reconverti au cyclisme ; hier encore, c’est une photo montrant Bruno devenu obèse qui a fait le buzz. « C’est une fake new« , a immédiatement démenti son président, Gérard Jarry, visiblement agacé. Pourtant, ce dernier n’a pas donné plus de précisions sur la situation de son joueur.

Chez les supporters, beaucoup veulent encore y croire. Pour certains, cette discrétion ne serait que le calme avant la tempête. Bruno pourrait alors surprendre son monde et annoncer in extremis sa participation à la rencontre, pour revenir en héros. Dans ce cas, l’ASLO pourrait alors aligner la défense la plus âgée de son histoire, avec 4 joueurs âgés de plus de trente ans : Charles, Bruno, Joël, Basty.

Si par malheur les bouquetins devaient être privés de leur sauveur, alors l’équipe n’aurait plus qu’une seule solution pour éviter l’abandon. Il s’agit de la résolution n°217 des statuts du club, que seul son président Gérard Jarry a le pouvoir de mettre en oeuvre. S’il décidait d’y avoir recours, les absents seraient alors convoqués contre leur gré pour participer à la rencontre, comme le prévoit la résolution. Etienne, Baptiste, Adrien et Alexis seraient contraints et forcés de renoncer à leur séjour lyonnais. Une option qui semble envisageable pour le manager de l’ASLO. Hier soir, Gérard Jarry a en effet rappelé à quel point il était déplorable de voir ses hommes s’absenter pour faire la fête. « La boisson gangrène cette équipe depuis des années, et il est temps que ça cesse« , a-t-il expliqué, comme s’il voulait envoyer un signal fort.

 

 

 

 

 

 

La météo des corps

Loin des terrains humides et bien au chaud, les bouquetins attendent sagement le printemps. Certains s’impatientent, d’autres se soignent. Un point sur l’état des corps en ce milieu d’hiver.

Chaud et ensoleillé

PJ : Après de brèves complications intestinales vite oubliées, PJ a retrouvé sa forme légendaire. Mais le milieu de terrain trépigne : les terrains lui manquent. Le chien fou des bouquetins n’a qu’une hâte : pouvoir de nouveau faire galoper ses jambes de feu.

Joël : On le disait à la retraite, réserviste, déjà dirigeant, et pourtant jamais Joël n’a été aussi présent sur les terrains que cette saison. Plus qu’un joueur de dépannage, la vieille gloire de l’ASLO est venue renforcer un effectif décimé par les blessures et les abandons. Récemment, Jo’ a encore été aperçu sur les pelouses. Rien ne semble entraver ce bel été indien dans la carrière du joueur.

Basty : Au repos forcé, le latéral s’entretient sagement en espérant, selon ses propres mots, « reprendre le football un jour ». De la piscine et quelques joggings semblent insuffisants pour contenter le défenseur, qui, pessimiste, craint une saison avortée. Une inquiétude d’autant plus légitime qu’à bientôt 32 ans, le temps joue contre lui : Basty sait que malgré son sérieux, ses jours sur les pelouses sont désormais comptés.

Loïc : Tout va bien pour le libéro, impatient de retrouver les siens. Le jeune défenseur se dit « en bonne forme » après avoir lui aussi souffert de problèmes digestifs durant la trêve. Il ne manque plus à Loïc qu’un peu d’exercice pour retrouver une condition parfaite et faire de nouveau parler son talent.

Charles : L’autre latéral est lui aussi en pleine forme, comme si l’âge n’avait jamais été un problème. Charles se dit surmotivé. Il se murmure même que le défenseur de 33 ans s’endormirait régulièrement avec son maillot des bouquetins en attendant son retour, un maillot qu’il aurait gardé intact depuis sa dernière rencontre contre les Serbes.

Adrien G : L’attaquant, qui a annoncé officiellement son retour en décembre, n’avait plus connu une telle forme depuis longtemps. Des séances de piscine et de musculation, une alimentation saine et rigoureuse ont remis d’aplomb le joueur longtemps décrié pour son hygiène de vie déplorable. Il ne reste plus à Adri qu’à confirmer dans la durée.

Alexis : En forme également, la nouvelle recrue assure avoir faim de ballons. La rareté de ses apparitions a fini par frustrer les supporters, qui s’attendaient à une saison pleine de leur vedette. Alex’ a réagi en leur promettant « de nombreux matchs et des coups d’éclat » au printemps.

Jimmy : Par sa jeunesse, il incarne l’espoir et le futur de l’équipe. Constamment présent depuis le début de la saison, Jimmy a fait de sa forme un atout. Le joueur sera à coup sûr parmi les titulaires lors des matchs de reprise.

 

Beau temps, passages nuageux

Etti : Depuis le début de l’hiver, le milieu de terrain semble alterner le chaud et le froid. Irréprochable dans sa préparation physique et coureur régulier, le joueur s’est appliqué à entretenir son corps dans l’hypothèse d’un retour rapide. Mais Etienne continue de pêcher par ses excès : son penchant pour la fête pourrait lui jouer des tours. Psychologiquement, Etti se dit déterminé, mais il admet « être fragilisé par sa situation personnelle précaire. »

Crétos : Avant son départ pour le nouveau monde, Crétos a pris soin d’effectuer un bilan de santé précis. Le verdict est positif : aucune MST, un sang fluide, des vaccins à jour contre l’hépatite et le typhus. Ju est donc en bonne forme, toutefois des doutes subsistent quant à l’état du foie et des poumons. Des interrogations dues là encore à un goût pour la fête légèrement prononcé.

 

Couvert, temps instable, quelques éclaircies

Arnito : Le joueur a beaucoup souffert après sa blessure du mois d’octobre. Malgré un retour plus rapide que prévu, les douleurs persistent, et l’espiègle milieu de terrain admet souffrir encore un peu. Arnito reconnaît par ailleurs que sa condition physique « laisse un peu à désirer ». Friand de volaille, le franco-roumain se serait légèrement laissé aller durant les fêtes. Toutefois, des villageois assurent l’avoir aperçu trottiner récémment sur la côte du collège de Bouilly : le signe d’un retour en fanfare ?

Axel : Le joueur qui est revenu d’Argentine cet été ne ressemble pas à celui qui s’en est allé six mois plus tôt. Plus gras, moins tonique, Axel a semblé méconnaissable. Depuis, Axel travaille sans relâche. « Je reprends le footing. Ma condition mentale est sur la pente ascendante. Je fais des séances de gainage du dos en intérieur afin de renforcer ma ceinture abdominale », assure le défenseur, qui admet toutefois souffrir « d’une tendinite à l’épaule gauche » qui l’éloigne encore des salles de sport.

 

Temps perturbé à très perturbé

Eddy : Blessé lors du foot de Noël, l’ailier n’a pas vraiment récupéré. « J’ai mal à ma cheville », se plaint Edouard, qui avoue aussi être « très affecté par le départ de Gaëtan ». « C’est un coup dur pour le moral, l’hiver est difficile », reconnaît le joueur, qui doit affronter une longue traversée du désert hivernale.

Adrien M : Une pubalgie, un arrêt de la course et une légère prise de poids : l’hiver est également compliqué pour le libéro reconverti en n°9, devenu pourtant habitué des trails et des semi-marathons. A tel point qu’Adrien envisage une cure, pour redonner de la vigueur à son corps. « Au printemps, ça va claquer », a-t-il toutefois promis en réaction à cette série de constats alarmants, comme pour redonner du moral aux supporters.

Louis : L’attaquant est toujours blessé et souffre encore d’une déchirure qui a anéanti son début de saison. Pour le joueur comme pour les supporters qui comptaient sur lui, la déception est grande. Récemment, Louis a d’ailleurs été au centre des polémiques, en avouant n’avoir pas eu récemment une « hygiène de vie irréprochable ». Des polémiques qui ont été jusqu’à faire réagir le président du club, Gérard Jarry, qui a réclamé à son buteur « plus de sérieux et d’exemplarité » dans sa préparation.

 

Temps très perturbé, amélioration en vue ?

Bat : Voilà maintenant 14 mois que Baptiste a abandonné les terrains. Un record. Pourtant, Bat travaille sans relâche. Ses séances de kinésithérapie hebdomadaires du jeudi et celles de piscine, le samedi, devraient, assure-t-il, lui permettre de « reprendre dans la douceur ». Le capitaine des bouquetins devrait par ailleurs consulter prochainement un osthéopathe ainsi qu’un posturologue. Il se veut optimiste, à tel point qu’il a déjà fait une promesse : celle de revenir pour le « 13 mars », jour de son anniversaire.

 

Brouillard, temps très incertain

Bruno : Apparu sur les terrains pour une partie amicale en janvier, il s’était déclaré en bonne forme. Pourtant, le défenseur a annoncé son forfait à peine dix jours plus tard pour la rencontre, finalement repoussée, contre la Saulsotte. Une absence qui a alimenté toutes les rumeurs : des internautes ont même affirmé avoir aperçu Bruno en thalassothérapie à Luchon. Une rumeur qui n’a jamais été démentie par le joueur.

Valentin : A priori aucune blessure à déclarer pour Val’, mais le joueur semble si éloigné des pelouses qu’il est devenu difficile de faire le point sur sa santé. Reverra-t-on le latéral au printemps ? Son goût pour la fête et sa récente histoire d’amour pourraient nuire à sa carrière. Mais il ne faut pas oublier à quel point le joueur est réputé increvable, capable d’affronter les aléas du destin en conservant un corps paré aux épreuves.

Sullivan : Il a fini la première partie de saison blessé à l’épaule, et n’a guère donné de nouvelles depuis. Les bouquetins s’inquiètent : pourront-ils de nouveau compter sur leur étincelant portier ? La récente visite du président Gérard Jarry au domicile du joueur n’a fait qu’alimenter de nouvelles peurs.

Kevin : L’attaquant des bouquetins a promis à plusieurs reprises de retrouver les siens pour des petits matchs, avant de briller par son absence. Au point que certains s’inquiètent, alors que le joueur n’a annoncé aucune blessure : pourquoi Kevin n’a-t-il pas foulé les pelouses comme annoncé ?

ASLO-Police (1-1) : Un sifflet, des sourires et… des doutes

L’ASLO achève sa saison sur un match agréable et serré, en obtenant le nul (1-1) face à des policiers troyens accrocheurs. La partie, de bon niveau, s’est déroulée dans une atmosphère cordiale et enjouée. Mais des soupçons planent sur une rencontre que certains, autour du terrain, ont trouvé étrangement trop « amicale ».

Les sourires, les poignées à main à répétition, les conversations d’après-match ont été jugées sévèrement par un public qui réclamait de la sueur et du sang. « Quand on se lève tôt et qu’on se déplace le dimanche matin pour assister à une rencontre de football, c’est normal de réclamer plus de buts, explique, côté ASLO, un supporter roux qui a tenu à rester anonyme. A mon avis, ce match était tout simplement pipé. » 

C’est la complicité entre les bouquetins et l’arbitre, monsieur Charvot, qui a interpellé les supporters. Déjà tactile durant la rencontre, offrant çà et là ses accolades et ses plaisanteries à quelques-uns des vingt-deux acteurs présents, celui-ci a fait preuve d’une plus grande proximité encore une fois la partie terminée. Après de francs et joyeux échanges en bordure de la pelouse, ce dernier a en effet été surpris en pleine séance photos en compagnie de l’une puis l’autre des deux formations, avant de rejoindre directement le vestiaire des bouquetins. De ce même vestiaire, il est ressorti quelques minutes plus tard tout sourire, tranchant avec l’image de justicier au sifflet ferme que celui-ci avait pourtant véhiculé au cours des 90 minutes de jeu.

Cette visite inattendue a alimenté d’abondantes rumeurs, même si Joël, le doyen du club, a assuré par la suite que « rien de particulier ne s’était passé« . « Nous avons eu une conversation amicale, et c’est tout », a expliqué Jo’. L’intéressé lui-même a démenti et a fourni sa propre explication : après quarante ans de carrière en tant qu’arbitre de l’UFOLEP, monsieur Charvot effectuait l’une de ses toutes dernières apparitions en tant que maître du jeu, et avait à coeur de savourer cette fin de match à la saveur particulière.

Des sources assurent pourtant que celui-ci en aurait profité pour effectuer sa toilette parmi les joueurs de l’ASLO. « Faux, faux et archi faux, dément Bruno, le libéro des bouquetins. Monsieur Charvot a simplement demandé à ce qu’on lui prête un savon, mais à aucun moment il n’a été question de douche commune. » Et le joueur franco-portugais de rappeler à ceux qui auraient des doutes : « La rencontre était terminée. Il n’y avait plus de bouquetins, plus de policiers, plus d’arbitres, simplement des hommes, capables de fraternité et d’amitié. »

 

Monsieur Charvot s’est d’abord adonné à quelques plaisanteries avec plusieurs joueurs de l’équipe bouquetin…

avant d’accepter une invitation à partager un instant viril et chaleureux dans les vestiaires.

ASLO-Serbes : Baptiste à l’heure du sacrifice

Gérard Jarry a créé la surprise en annonçant ce samedi matin la convocation de Baptiste pour la rencontre face aux Serbes. Alors que l’effectif des bouquetins est particulièrement pauvre en joueurs, le président de l’ASLO a annoncé avoir « réquisitionné » son capitaine en lui réclamant un « sacrifice pour la réussite du club« . Une décision qui surprend : si Bat va mieux et trottine enfin à nouveau, le milieu de terrain a rappelé durant la semaine qu’il était loin d’être prêt à refouler les pelouses.

Baptiste n’est toujours pas remis d’une calcification à la hanche qui anéantit sa saison depuis de longs mois. En clair : ses tendons ont accumulé des dépôts calcaires et se sont peu à peu transformés en os. Pourtant, le manager de l’ASLO n’en démord pas : « Baptiste est sans doute moins mobile et moins élastique qu’à une époque, mais cette anomalie à la hanche peut lui apporter d’autres atouts. Il sera plus résistant pour faire le mur lors des coups francs et il pourra donner de petits coups d’os à ses adversaires pour déstabiliser leurs courses. »

Depuis novembre, le milieu de terrain n’a cessé de lutter pour revenir au plus vite, en vain : son seul adversaire aura été son propre corps. Baptiste va d’abord souffrir plusieurs semaines sans parvenir à identifier la cause de sa blessure. Une série d’examens diagnostiqueront finalement une calcification et le guideront vers un long traitement homéopathique. Parallèlement, les pépins s’accumulent : douleur au genou droit, mais aussi blessure à l’adducteur, toujours sur ce maudit côté droit, et même… apparition durant quelques semaines d’une boule étrange, au niveau de la hanche où des ganglions se sont accumulés. Pour le bouquetin, la blessure s’est transformée en un véritable calvaire. « Je n’ai pas besoin d’une troisième boule« , avait soupiré Baptiste, désespéré.

A l’époque déjà, G.Jarry s’était montré insistant, souhaitant coûte-que-coûte faire participer son précieux milieu de terrain à la reprise du championnat, fin février. Le président de l’ASLO avait alors expliqué qu’ « une boule sur la hanche n’était a priori pas un avantage mais que, si elle était exhibée à l’adversaire juste avant la rencontre, elle pouvait impressionner et permettre mentalement de prendre l’ascendant. »

Soucieux d’opposer aux Serbes une formation cohérente, le dirigeant a par ailleurs pris la décision de rappeler immédiatement Gaëtan de vacances. Ce dernier a été contraint d’écourter de deux journées son voyage à l’île Maurice, de laquelle il devait initialement revenir lundi. Gaëtan a reçu l’ordre formel de rentrer en France au plus tard samedi soir, pour être aligné dimanche matin en tant que titulaire.

Malgré des douleurs persistantes, Baptiste a tenu à afficher son optimisme au cours des derniers jours.

 

 

 

Bruno est de retour

Depuis trois mois, il avait disparu, se contentant de messages aussi brefs qu’énigmatiques sur les réseaux sociaux pour annoncer ses absences. De mauvaises langues le disaient casanier, et assuraient qu’il préférait passer l’hiver au chaud, assis dans son sofa à manger des cacahuètes devant des émissions de variété.

Finalement, Bruno est revenu. Souriant, efficace et motivé, le joueur a retrouvé ses coéquipiers hier après-midi lors d’une partie de football déjà printanière. Il en a profité pour revenir sur ce long retrait qui avait alerté ses partenaires.

L’élimination en coupe, le mauvais temps, la perspective de passer trois mois sans jouer : ce sont autant d’arguments qui poussent Bruno à faire ses valises à la fin du mois de novembre. Le défenseur décide de retourner sur son archipel natal de Pena do Santamaõ, au large du Portugal, pour y passer l’hiver.

Là-bas, dans l’actuelle terre sainte du football, Bruno sait que la trêve hivernale n’existe pas : on y taquine la balle chaque fin de journée sur la place du village central, sous le soleil comme sous la pluie, face au regard des mamas, des anciens et de Santa Pescara, la sainte-patronne de l’île.

Bruno retrouve l’océan abandonné des années plus tôt. Durant trois mois, il se lève tôt ; il faut lever l’ancre chaque matin avant cinq heures. Le bouquetin renoue avec le rythme des marées, des poissons et de ces filets qu’il faut ramener garnis de poissons à la mi-journée. Il profite surtout, une fois la pêche terminée, de ces parties endiablées qui réunissent jeunes et moins jeunes, des parties au cours desquelles il fait bon défendre en bloc pour user l’adversaire et finalement le contre-attaquer en fin de match pour l’emporter de justesse. Pendant les rencontres, il arrive au joueur de repenser à ses partenaires, qui s’enrhument sur leurs terrains boueux et impraticables à cause des gelées à répétition.

A la fin des matchs, on partage le poisson grillé et le vino do picolaõ, l’alcool local à base de gingembre, de cerise et de hareng. On effectue également la tournicotã, la danse traditionnelle au cours de laquelle les vainqueurs tournent autour de leurs adversaires défaits et agenouillés dont ils viennent fesser symboliquement le flanc d’une tape taquine. Puis on rentre dîner, car le lendemain les journées reprennent avant l’aube.

Aux enfants qui parfois participent aux rencontres, Bruno leur décrit la France. Il leur parle de Zidane, des bouquetins, de François Hollande. Il leur promet de les faire venir un jour, plus tard, quand ils seront grands, disputer un match amical contre l’ASLO.

Et puis il est rentré, sentant les beaux jours arriver. Il est revenu, en même temps que le soleil et les premières douceurs.

L’équipe reste en revanche sans la moindre nouvelle de Louis Gaboma. Des rumeurs prétendent que le défenseur aurait été aperçu à plusieurs reprises dans un village du Bénin, au cours de l’hiver. L’information n’a pas été confirmée par le club.

 

 

Plutôt Chou, ou plutôt Croûte ?

Ce samedi, la tradition reprend ses droits. La glorieuse « Soirée Choucroute » du club va une nouvelle fois avoir lieu au foyer familiale de Bouilly. Ce petit moment de réjouissance, c’est pour chacun l’opportunité de mettre entre parenthèses ses petits tracas personnels, et de s’abandonner aux festivités. C’est une possibilité d’oublier les déboires de sa saison pour profiter, un court instant, de l’esprit d’une communauté.

Pour les uns, c’est l’occasion de déguster une dose de convivialité, pour d’autres une Kronenbourg bien méritée. Pour certains, c’est la possibilité de partager un mot avec son voisin, tandis que pour les plus glouton, c’est la saucisse que l’on échange avec son camarade de table. La choucroute, c’est donc toutes ces choses. Mais alors que l’événement est  plutôt positivement accueilli par les membres de l’équipe, certains renfrognés ne se cachent pas pour émettre un avis inverse. Pour tout un tas de raisons, il sont plutôt réticents à l’idée que cet événement ait lieu. Rapide tour d’horison des pro- et des anti– choucroute.

Ils sont plutôt « Chou »

Aux rayons des pro-choucroute, les arguments sont connus. D’abord, comme le rappelle Joe, un vieille habitué du festin, c’est avant tout un moyen de resserrer les liens entre les membres de l’équipe et avec le reste du club. « On ne se repaît pas seulement de chou ou de patates, mais surtout de camaraderie » aime-t-il rappeler. Et Basty, lui aussi coutumier de la soirée, d’abonder en ce sens, en déclarant qu’ « affronter un plateau de choucroute, c’est comme affronter un adversaire, c’est un travail collectif« .

Mais au delà de l’aspect fédératif de l’événement, d’autres s’enthousiasment sur les retombées sportives qui, selon eux, sont indéniables. Ces bonnes retombées s’expliquent d’abord parce que la choucroute est réputée pour ses vertus curatives. Jean, ancien infirmier du club, a pour l’occasion accepter de partager son expertise: « De récentes études ont montré que le chou, riche en fibre et en vitamine C, participe à la récupération des athlètes. » Il affirme que le légume peut être une solution thérapeutique: « Je pense notamment à un Baptiste, qui a actuellement des problèmes de calcaire. Le chou peut l’aider ». Et de terminer son intervention en affirmant que « oui, définitivement, je recommande la choucroute aux joueurs« . Tout en prenant bien soin de préciser que, « par contre, la saucisse, c’est avec modération« .

Mais l’amélioration des performances sportive suite à une soirée choucroute peuvent également s’expliquer par une observation toute simple. Celle que, toujours, après la fameuse soirée, l’équipe progresse au classement. Les graphiques ci-dessous parlent d’eux-mêmes.

Pour Pierre-Jean, un inconditionnel de la Choucroute Party, cela s’explique facilement. « J’ai vécu près de l’Alsace. Je connais les bienfaits de ce plat« . Il ose une comparaison: « Une équipe c’est comme une choucroute, c’est un subtil arrangement de garnitures. Après une soirée comme celle-ci, l’équipe est plus soudée, plus harmonieuse. Chaque joueur devient la saucisse de l’autre, le filet de lard du copain« .

Ils sont plutôt « Croûte »

Les sceptiques, les « anti« , ce sont ceux qui pensent que cette choucroute est une mauvaise idée. Il y a d’abord les « modérés ». Ceux qui ne sont pas contre par principe, « car c’est toujours un plaisir de boulotter une palette de porc« ,  dixit Etienne, mais qui regrettent le report du match initialement prévu contre Savières. Certes, ils seront vite réconfortés une fois que deux ou trois coupettes de champagne auront été ingurgitées. Mais la déception reste quand même présente. Une forme de frustration de ne pas pouvoir enchaîner les matchs. Etienne avait bien émis l’idée de jouer sur les deux tableaux: choucroute ET match. Mais la réaction du groupe a été nette. « A nos âges, ce n’est plus possible » murmure un membre de l’équipe, qui a préféré garder l’anonymat.

Les anti-choucroute ne sont pas seulement constitués de « modérés », il y aussi les grincheux. Ceux qui maudissent cette soirée, et qui ne comprennent pas que l’on puisse encore se souiller à ce point dans cette débauche de bombance. Ce point de vue est notamment celui de Gaëtan, qui a refusé de participer à l’événement. Il ne s’est d’ailleurs pas gêné pour exprimer son ressenti en publiant quelques Tweets incendiaires. Des Tweets qui, à coup sûr, ne manqueront pas de faire polémique.

Quoi qu’il en soit, le débat opposant pro et anti choucroute n’est pas nouveau. Et il est loin d’être terminé. La soirée a toujours été le sujet de dissensions entre les membres de l’équipe. Entre modernité et tradition, la controverse n’est pas prêt de s’arrêter.

Arnito, archétype du goléador de demain ?

C’est peu dire que la prestation d’Arnito ce dimanche a impressionné le petit monde du football. Son match plein (3 buts, 1 poteau, 2 passes décisives) a suscité les admirations et provoqué un cri de ralliement quasiment unanime des spécialiste à l’encontre du n°19 bouquetin. Certains se sont même demandés si ce dernier n’incarnait pas à lui seul le modèle du buteur ultime? S’il n’était pas, avec ses caractéristiques bien particulières, une représentation avant-gardiste du serial buteur de demain? Rien que cela. Pour ébaucher une tentative de réponse, voici un décryptage des particularités d’Arnito. Particularités qui, peut-être, serviront de références pour les attaquants du XXIème siècle.

Palette complète d’Arnito en détail

1. D’abord, s’il marque, c’est avant tout parce qu’Arnito possède ce que d’aucuns nomment le « regard du Coquin ». Ce regard, c’est celui de l’attaquant espiègle. Celui du chasseur de buts, dont les appels incessants usent et esquintent les vieilles arrières-gardes de l’adversaire . Arnito a toujours une coquinerie d’avance sur les autres, ce qui lui donne un avantage conséquent sur les défenses et les dispositifs tactiques du camp d’en face. Il est toujours prêts à exploiter le moindre déficit de sournoiserie d’un adversaire. Et c’est ce qui fait des ravages. Le buteur de demain, c’est donc celui qui, à l’instar d’Arnito, sera capable de réaliser ce subtil mélange de qualité technique et de coquinerie. Ce sera celui qui sera toujours prêt à tenter une petite fourberie, quelque soit le contexte. Et ce, pas seulement au nom de l’efficacité, mais aussi pour la simple beauté du geste. La coquinerie n’est pas un moyen, mais une fin en soi.

2. Ensuite, Arnito a beau être un coquin, il est un coquin qui vit avec son temps. Il fait partie de ces joueurs toujours prêt à s’actualiser et à adopter les dernières innovations technologiques, à partir du moment ou cela lui permet d’améliorer ses performances. L’Arnito ne fait pas partie de ces vieux dinosaures poussiéreux et rabougris, comme Basty, toujours enclins à fustiger d’un ton sarcastique le progrès technologique et les bidules inutiles. Pas de nostalgie ou de spleen de l’ancien monde chez Arnito, mais à l’inverse une réelle aspiration à surfer sur la vague de la modernité. Il a d’ailleurs été l’un des premiers à adopter le nouveau dispositif de protection des chevilles mis au point par une célèbre enseigne de sport. Un pur concentré de technologie au service d’un athlète de haut niveau qui, soucieux de préserver son intégrité physique, a compris que tous les risques ne pouvaient pas être pris. Et pour cela, au yeux de nombreux spécialistes, il a un temps d’avance sur la concurrence.

3. Enfin, et c’est un point essentiel, Arnito possède une particularité sur le plan anatomique: il fait partie de la catégorie des « C.S.P« , acronyme de « Court-sur-pattes« . Concrètement, être « C.S.P », cela signifie être doté de membres inférieurs (pieds, jambes, bassin) dont la longueur est plus petite que la moyenne. Par exemple, la partie inférieure d’Arnito correspond à un rapport Pattes / Tronc de 0,75 pour 1 (0,75:1), alors que chez les autres joueurs, en moyenne, ce rapport est de 1.25 pour 1 (1,25:1). Arnito a donc des pattes dont la longueur représente 75% de son tronc, ce qui est bien inférieur à la moyenne observée (125% du tronc). A noter cependant que, bien que courte, la partie inférieure du CSP est très volumineuse, car très pourvue en musculature. De plus, toujours avoir à l’esprit que, pour être un véritable CSP, c’est à dire faire partie des cadors de cette catégorie, il faut être particulièrement coquin. Ce qui, évidemment, place Arnito très haut dans la hiérarchie des CSP.

Autrefois considéré comme un handicap, cette particularité est aujourd’hui devenue dans le football moderne un véritable atout, surtout pour les joueurs à vocation offensive comme Arnito. Pourquoi ? Tout simplement car la fréquence de galopage du n°19 bouquetin est largement plus importante que celle de ses concurrents. Ses chevauchés représentent une interminable succession de tout petits pas, très faiblement éloignés les uns des autres, ce qui rend quasiment impossible la tâche pour les défenseurs adverses de lui subtiliser le ballon (surtout les gros gabarits). De l’avis des plus éminents spécialistes, Arnito est devenu l’un des CSP les plus doués de sa génération. D’ailleurs, son premier but face aux Noës, caractérisé par un raid fou de plus de 40 mètres, est d’ores et déjà considéré comme un merveille du genre. Un but que seul un CSP pur jus est capable de mettre.

Arnito : « son appétit de football était énorme »

Après la victoire huit buts à zéro des bouquetins dorés contre les Noes, Gérard Jarry a convoqué l’ensemble de la presse locale et régionale pour une conférence de presse exceptionnelle. Pour répondre aux questions, le président était accompagné du triple buteur, Arnito.

Gérard Jarry : « Je suis très content du résultat. Les joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes et n’ont jamais méprisé leurs adversaires. Les nouveaux maillots ont été honorés par une victoire historique ; le club, qui a contribué à l’achat et à la conception du maillot, attend beaucoup des joueurs. J’espère que les bouquetins dorés poursuivront leurs matchs avec autant d’énergie et d’efficacité. »

Arnito : « Nous avons une très belle équipe. Arnito adore jouer avec ses partenaires, le jeu est vraiment porté sur le collectif, il adore ça. Il n’avait pas joué depuis plusieurs mois et on l’a fait commencé le match sur le banc de touche : son appétit de football était énorme. Marquer trois buts, faire deux passes décisives et tirer une fois contre le montant, ce n’est pas donné à chaque match ! Il est très affuté ! Très coquin aussi ! »

Pour Arnito, c’est déjà le printemps

Souffrant, remplaçant, critiqué pour son manque de condition physique, Arnito avait de quoi broyer du noir avant l’entame du match contre les Noës, ce dimanche. Pourtant, le joueur est sorti grandi et glorieux d’une rencontre certes à sens unique (8-0), mais qu’il a largement contribué à rendre facile. Bagat’ s’est offert le premier triplé de sa carrière.

Depuis des semaines pourtant, Arnito n’a cessé de devoir affronter ses détracteurs, toujours plus nombreux. Après la dernière pleine lune de novembre et les toutes premières gelées de décembre, le joueur disparaît des pelouses et des rues bouillerandes. On ne le voit plus trottiner, on ne le voit plus « faire son 5 », comme il en a pourtant l’habitude, on le croise plus dans « la montée du collège ». Les critiques pleuvent, on le dit absent, usé ou même malade. Sur Internet, de mauvaises langues prétendent que celui-ci « hiberne ».

Arnito a débuté la partie sur la touche, dans la crainte et l’hésitation. Il suffira pourtant d’un regard, un seul, celui de William, venu encourager son partenaire juste avant le coup d’envoi, pour remobiliser l’attaquant. Lorsque celui-ci entre en jeu à la 25′, Will’ vient prendre la peine de lui offrir une accolade sur l’épaule : Arnito avouera par la suite avoir été boosté par ce geste chaleureux.

Le joueur déroule alors. D’abord un but, en première période, à la suite d’une course espiègle au milieu des défenseurs adverses, conclue par une frappe malicieuse glissée sous le postérieur du portier des Noës. Puis deux autres, au cours d’une seconde mi-temps marquée par la nette supériorité des noir et or. Alors qu’il s’offre sa troisième réalisation, Arnito est même applaudi par certains spectateurs adverses.

Ce coup d’éclat le démontre : si Arnito a bel et bien hiberné, il n’est au fond qu’un mammifère comme les autres, à l’écoute de son propre corps et régénéré dès l’arrivée des beaux jours. Comme lui, de nombreux animaux s’effacent durant l’hiver pour ressurgir lorsque celui-ci s’achève. L’écureuil emmagasine des graines et des glands durant l’automne avant de s’offrir un repos long de plusieurs mois. Le castor, lui, se replie dans sa tanière dès la mi-novembre pour n’en sortir que début mars, période où il copule alors à tout-va. Toujours à l’écoute du temps et des saisons, Bagat’ est à leur image.

D’ailleurs, beaucoup d’habitants du village ne s’y sont pas trompés. « C’est chaque année la même chose, explique une résidente de la rue du Bois. Il y a d’abord, dans le ciel, le retour des grues, puis, dix ou quinze jours plus tard, celui d’Arnito, que l’on voit de nouveau trottiner, puis, deux semaines plus tard encore, celui des premières fleurs et des premiers bourgeons. »

Quoi de plus coquin?

La reprise, les Noës, et Basty.

C’est la reprise! Après un hiver (comme toujours) bien trop long et un éloignement des terrains (comme toujours) bien trop pénible a supporter, les choses sérieuses vont pouvoir reprendre. La trêve est terminée, et les bouquetins vont à nouveau croiser le fer. Demain, dimanche 26 février, l’ufolep nous propose un match salivant, puisque cette reprise du championnat nous offre un classique:  Bouquetins Versus Les Noës. Un match toujours délicieux à regarder, et jouissant à jouer.

D’ailleurs, s’il y a bien un bouquetin qui connait ce classique, pour l’avoir parcouru en long, en large, et en travers, c’est Basty. Des matchs contre les Noës, il les a enfilé comme on enfile des perles. D’ailleurs, sa collection personnelle de maillots – autant de petits souvenirs qu’il accumule en fin de match, en récupérant tricots et sous-vêtements de l’adversaire –  est particulièrement bien fournie en tunique made in Les Noës. Sa plus belle pièce, un maillot dédicacé de Gaspar, génie du ballon rond, aujourd’hui retraité des terrains et ancienne gloire des Noës.

C’est donc, on le disait, une équipe et un club qu’il connait bien. Très bien même. De son propre aveu, ce match est toujours pour lui un moment « assez spécial« . Spécial car il sait que ces rencontres sont toujours mouvementés, et plein de spectacle. Mais aussi car, et c’est un secret de polichinelle, il aurait pu à une époque vêtir les couleurs de l’adversaire du weekend. Un dirigeant bouquetin, qui souhaite garder l’anonymat, relève à ce propos une anecdote croustillante. « La saison dernière, nous avons reçu de la part des Noës une offre colossale pour engager Basty. Pour eux, l’idée était de s’offrir un joueur expérimenté qui encadrerait leurs jeunes pousses avec, à  terme, une possibilité de reconversion dans le staff technique« . Mais la proposition a été rapidement refusée, tant par le l’ASLO que par le joueur, coupant court à toutes possibilités de négociation. Basty n’a jamais souhaité évoquer publiquement cette affaire, mais en coulisse, il a toujours déclaré à qui veut bien l’entendre que « [ses] gros mollets seront toujours au service des bouquetins« . Une nouvelle preuve de fidélité pour celui qui, après Joe, est devenu le joueur le plus capé de l’équipe.

Une rencontre face aux Noës, c’est donc pour Basty un moment un peu particulier. Demain, ce sera pour lui une nouvelle possibilité de montrer à tous que, s’il fut un temps convoité par l’adversaire, c’est bien aux bouquetins qu’il a prêté allégeance. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il scellera cette allégeance par un petit but, histoire d’envoyer un message claire et définitif à tous ses courtisans.